dimanche 21 octobre 2018

Feuilles d'automne (1)

Cet automne, nous avons lu et aimé :

Emil Feris
éd. M. Toussaint Louverture / 34,90 €
Roman graphique, ados-adultes

Attention, chef-d'œuvre ! Une expérience de lecture unique, bouleversante, autant que troublante... Présenté comme le carnet intime dessiné d'une petite fille fascinée par les monstres, ce roman graphique hors-normes confronte sa jeune héroïne au monde  trouble des adultes, où trahisons, secrets et soubresauts de  l'Histoire s'invitent dans le bal, et l'on finit par penser avec elle que les monstres ne sont décidément pas ceux que l'on croit…


Barbara Cantini
éd. Albin Michel jeunesse / 10 €
Roman junior
Cousine italienne de la famille Adams, Mortina est une gentille petite zombie qui coule des jours heureux avec sa tante Trépassée et son chien Mouron. Oui mais voilà, elle s'ennuie... La fête d'Halloween sera peut-être l'occasion de rencontrer d'autres enfants et  d'oser, enfin, être elle-même !





Thimothée de Fombelle, Isabelle Arsenault
éd. Gallimard jeunesse / 12,90 €
Roman junior illustré
Avouons le, malgré la grande admiration que je nourris pour l'œuvre de Timothée de Fombelle et mon goût pour le trait sensible et précis d'Isabelle Arsenault, je n'avais guère envie de lire un "énième" récit sur ledestind'unenfantpendantlaguerre. Et pourtant, je suis sortie émue aux larmes de cette lecture, tant l'angle par lequel l'histoire est abordée est beau et inédit,  rendant intemporel le récit de la courageuse petite Rosalie. Car ce dont il s'agit ici avant tout, c'est de cet inaliénable besoin de vérité des enfants, auquel nous, adultes, ne devrions jamais déroger.


Valérie Manteau
éd. Le Tripode / 17 €
Récit
"Portrait de l'auteure en amoureuse", ce récit est une histoire de deuil et de résilience. Ancienne de "Charlie Hebdo", Valérie Manteau (ou son double) rejoint un amour vacillant à Istanbul, ville aimée tout autant que son amant. Là, de cafés alternatifs en appartements d'amis, elle nous raconte le quotidien d'un pays sous contrôle, et redonne du sens à sa vie en s'attachant à éclairer la figure de Hrant Dink, journaliste d'origine arménienne assassiné en  2007 par un jeune nationaliste, dans l'indifférence occidentale. L'auteure lui rend ici  le plus beau des hommages, et nous appelle à nous mobiliser au-delà de nos frontières et conditionnements pour les hommes, les femmes (Asli Erdogan est très présente aussi dans le récit) qui, dans le monde, luttent au péril de leur vie pour des valeurs qui nous regardent tous.

à suivre...




mardi 9 octobre 2018

!! ANNULATION de la rencontre avec Delphine Minoui !!

Nous sommes désolés de devoir vous annoncer l'annulation de la rencontre prévue vendredi 12/10 avec Delphine Minoui à la Médiathèque Jean Ferrat...

Ses obligations professionnelles de journaliste l'ont rappelée vers Istanbul...
On vous espère samedi pour le reste de la programmation...

lundi 24 septembre 2018

Que peut le livre ? Focus Nathalie Bontemps



Rencontre à la librairie samedi 13 octobre à 18h30
Syrie, traduire l'expérience des autres


Née en 1977, Nathalie Bontemps est poète, auteure et traductrice de l'arabe. Elle a vécu en Syrie de 2003 à la fin de l'année 2011. Elle a à son actif huit publications de traductions de littérature libanaise et syrienne, et développe aussi une œuvre personnelle (poésie, récits, livres jeunesse). Depuis 2012, elle vit en région parisienne et enseigne l'arabe. Pour elle, les diverses formes d'écriture qu'elle pratique visent toutes à voir l'individualité de l'auteur s'effacer pour se faire « chaîne de transmission » et, ainsi, traduire et faire entendre la voix des autres.


Parmi ses publications :
Gens de Damas, éd. Al Manar ; A l'est de Damas, au bout du monde. Témoignage d'un révolutionnaire syrien, avec Majd Al Dik, éd. Don Quichotte. 
Traductions : Treize ans dans les prisons syriennes. Aram Karabet, éd. Actes sud ; Les miroirs de Frankenstein, Abbas Beydoun, éd. Sindbad-Actes Sud ; Lettres de Syrie, Joumana Maarouf, éd. Buchet-Chastel. 
Jeunesse : Le café lui sert de départ, bilingue français-arabe, ill. Benoît Guillaume, éd. Le port a jauni ; Le chant du berger, bilingue français-arabe, ill. Mathilde Chèvre, éd. Le port a jauni











dimanche 23 septembre 2018

Racontines 2018-2019 : les dates !

Voici le planning des Racontines pour cette année scolaire !

Les Racontines, ce sont des temps de lecture partagée entre parents et enfants de 0 à 3 ans, proposés par Cécile Ribeaucourt de l'association La Marmaille !
C'est le mercredi à 10h30, une fois par mois,
c'est gratuit, sans inscription,
venez !

mercredi 17 octobre / mercredi 21 novembre / mercredi 12 décembre / mercredi 16 janvier / mercredi 13 février / mercredi 13 mars /mercredi 10 avril / mercredi 15 mai.


mercredi 19 septembre 2018

Que peut le livre ? Focus matinée jeunesse

Samedi 13 octobre
de 10h à 12h
à la librairie

Nathalie Bontemps est poète, écrivain et traductrice de l'arabe. Elle a vécu en Syrie de 2003 à la fin de l'année 2011. Elle a à son actif huit publications de traductions de littérature libanaise et syrienne, et développe aussi une œuvre personnelle (poésie, récits, livres jeunesse). Depuis 2012, elle vit en région parisienne et enseigne l'arabe.

Livres jeunesse :
Le café lui sert de départ, bilingue français-arabe, illustrations Benoît Guillaume, éd. Le port a jauni
Le chant du berger, bilingue français-arabe, illustrations Mathilde Chèvre, éd. Le port a jauni

Evelyne Mary est illustratrice et graveuse. Formée à l’école supérieure Estienne, elle crée des images pour les livres d'enfant et des livres d'artiste pour les adultes avec une prédilection pour l'estampe : pointe sèche, linogravure, sérigraphie. Elle vit et travaille dans le sud de l’Ardèche.

Parmi ses publications
Le coquillage, sur un poème de Maurice Fombeure, éd. Rue du monde collection Comme des géants
52 petits mensonges et autres vérités, poèmes de David Dumortier, éd. rue du monde
Le loup et la petite fille, texte d'Yves Jaffrenou, éd. Rue du monde
La chavola, texte de France Quatromme, éd. Lirabelle
Un amour sucré salé, texte de Dominique Deroide, éd. Lirabelle

Marianne Pasquet se définit comme graphiste/illustratrice mais surtout exploratrice ! Après des études d'arts appliqués et de communication visuelle, elle se lance en tant que graphiste indépendante et illustre des albums pour la jeunesse, un univers qui lui tient à cœur. Elle vit et travaille en Ardèche.

Parmi ses publications
Zaza en morceaux, texte de Caroline Barber, éd. Bayard Canada
Bidouille circus, texte de Caroline Barber, éd. les P'tits bérets
Capucine les doigts verts, texte de Donatienne Ranc, éd. Le Lampion
Le grand monsieur d'en haut, texte de Lisa Chrétien, éd. le Lampion
Araignée du soir, texte de Sybille Hérimont, éd. Pour penser à l'endroit

Clothilde Staës est née dans le Nord en 1983.Elle a découvert la gravure aux Beaux Arts de Murcia en Espagne, depuis elle explore l’art de l’impression comme une cuisine graphique colorée, inventive, à base de plaque gravée, d’encre et de collage.
Elle aime collaborer avec d’autres artistes, croiser les disciplines, graver de la céramique, ou imprimer sur tissu. Elle a fondé avec Mathilde Gros l'association Les dompteurs de papier, collectif artistique et maison d'édition dédié à l'exploration de la gravure et de l'image imprimée dans le sud de l'Ardèche.

Parmi ses publications
Les chaises, bilingue français-arabe, poèmes de Raphaële Frier, éd. Le port a jauni
Poèmes sur un fil, bilingue français-arabe, poèmes de Géraldine Hérédia, éd. Le port a jauni
Poèmes pour affronter le beau temps, bilingue français-arabe, poèmes de Pierre Soletti, éd. Le port a jauni
Poèmes en paysage, bilingue français-arabe, poèmes de Géraldine Hérédia, éd. Le port a jauni


mardi 18 septembre 2018

Que peut le livre ? Focus Benjamin Mayet



samedi 13 octobre

18h

Un spectacle La Chambre Noire – Théâtre & Éditions La Volte
Texte adapté de « LA ZONE DU DEHORS » (Alain Damasio, éd. La Volte, 2007)
Adaptation & interprétation : Benjamin Mayet

Texte poétique, politique et philosophique, « LE DEHORS DE TOUTE CHOSE » est une ode à la liberté, un solo pensé comme une invitation à se découvrir «autre que soi ».
Le « dehors » est une poche de liberté intérieure à chacun de nous ; c’est ce vaste champ de possibles obstrué par des siècles de conditionnements. Se parlant autant à elle-même qu’aux gens qui l’entourent, une figure mêlée à la foule débusque, par tâtonnement, ces barrières qui nous séparent de notre véritable existence d’Homme libre.
Son but ? Tenter sous nos yeux, dans une quête aussi intime qu’infinie, « d’inventer ce que vivre peut être ».

Résumé de la tournée 2017 : https://vimeo.com/220439905
Micro-trottoir : https://vimeo.com/219491487


Vingt ans après sa parution, Benjamin Mayet s’empare avec sa fougue propre de La Zone du dehors, roman visionnaire sur les sociétés de contrôle, et en extrait le vif dans un monologue qui frappe : Le dehors de toute chose. En tournée dans toute la France depuis trois ans, Benjamin redonne avec cette retrempe sa puissance de feu à une anticipation qui n’a jamais été aussi inquiétante ni aussi actuelle.
www.benjaminmayet.book.fr
librairie du tiers-temps

Que peut le livre ? Focus Delphine Minoui

vendredi 12 octobre
18h30
Rencontre avec Delphine Minoui autour de son ouvrage Les passeurs de livres de Daraya (éd. du Seuil 2017)


De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. 
Face à la violence du régime d'al-Assad, de jeunes révolutionnaires syriens ont fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.
 Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Ce récit, fruit d'une correspondance menée par skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.


médiathèque Jean Ferrat (2 faubourg Camille Laprade 07200 Aubenas)

lundi 17 septembre 2018

Invitation à fêter les 35 ans de la librairie !

En 2018, la librairie du tiers-temps a 35 ans ! 
Nous vous invitons à célébrer ce bel âge lors de notre événement "Que peut le livre ?" 
les 12 et 13 octobre prochains ! 
Avec des rencontres, des ateliers, des lectures, un spectacle, de la joie, des idées et des envies pour les 35 prochaines années (au moins…).

Avec : Delphine Minoui, Evelyne Mary, Marianne Pasquet, Clothilde Staës, Les Poulettes Russes, Benjamin Mayet et Nathalie Bontemps.








Graphisme : boncaillou


lundi 27 août 2018

Isidore et les autres

Camille Bordas
éd. Inculte
19.90 €

Drôle de famille que la famille Mazal… Même si l'on est invité dès l'ouverture du roman au plus près de leur intimité, le premier abord est si froid que la lecture tâtonne un peu, prudente, sans que l'on sache bien où l'auteure veut nous emmener. 
Très nombreuse – six enfants tout de même, cette famille n'a pourtant rien des tribus bruyantes, joyeuses et bordéliques qui vous mettent tout de suite à l'aise. Les aînés, tous surdoués, sont occupés à la rédaction de thèses ou à la poursuite de brillantes études, « le père » travaille loin, passe peu de temps avec sa famille et semble pressé de repartir lorsque cela arrive… La seule connivence familiale se fait sur le dos du reste du monde, lors de sessions « condescendance ». Isidore, treize ans, se fait le chroniqueur lunaire de cette routine un peu triste.
Plus jeune enfant de la fratrie, il se considère aussi comme le « moins beau et le moins intelligent » de tous. Pourtant, quand le père meurt, les qualités d'empathie d'Isidore qui manquent tant aux autres membres de la famille seront pour chacun la consolation, l'indispensable liant et l'ouverture vers d'autres possibles.
Et voilà qu'au fil de la lecture on se met à sourire, à s'attendrir, à rire aux éclats par moments. Ça y est, on y est attachés à ces doux-dingues, qui finalement, chacun à sa façon, se débattent avec la difficulté de vivre et de trouver sa place.
N'en doutons pas, Camille Bordas sait très exactement où elle nous emmène, et avec quel talent !

Claire

lundi 20 août 2018

Kanaky. Sur les traces d'Alphonse Dianou

Joseph Andras
Actes sud
21 €

Pour moi, premier gros coup de cœur de cette rentrée littéraire ! (sortie septembre 2018)
Nouvelle Calédonie / Kanaky. Le 22 avril 1988, à la veille du second tour des élections présidentielles qui verront s'opposer Mitterrand et Chirac, un groupe d'hommes attaque une gendarmerie sur l'île d'Ouvéa. L'objectif est de l'occuper jusqu'aux élections et d'attirer ainsi l'attention sur les revendications des militants indépendantistes. Mais l'occupation dérape, des coups de feu sont tirés et des hommes meurent. S'ensuit une prise d'otages improvisée qui se terminera par l'intervention des forces spéciales et un bain de sang. C'est l'affaire dite de « la prise d'otages de la grotte d'Ouvéa ».
A la tête de cette action, Alphonse Dianou, ancien séminariste et fervent défenseur de la non-violence. Trente ans après les événements, Jospeh Andras part à le rencontre de ceux qui l'ont connu pour tenter de cerner qui était celui à qui Jacques Chirac dénia le statut même d'être humain (Il parlera de « la barbarie de ces hommes, si l'on peut les appeler ainsi »).
Pourquoi se focaliser sur Dianou ?  Andras l'explique ainsi : « Un visage aide à tracer l'idée, une histoire épaule l'Histoire. Arbitraire, sans doute ; injuste, probablement – notre homme ne s'entend qu'à la condition d'écouter tous les siens, plus encore en ces terres où le moi a l'allure d'un gros mot. » Ainsi, à travers l'image kaléidoscopique de cet homme, -  « ni Gandhi ni Guevara » - qui se dessine peu à peu, c'est l'histoire de tout un peuple qui nous est donnée à voir, avec infiniment de respect. L'auteur s'attache aussi à tirer au clair les responsabilités de l’État dans le traitement sanglant de cet épisode des luttes anticolonialistes du XXe siècle.

Leçon d'histoire autant qu'entreprise de réhabilitation, passionnant de bout en bout et extrêmement émouvant, ce récit résonne longtemps après sa lecture, et son acuité est d'autant plus forte que les Kanak sont appelés à se prononcer par référendum sur leur indépendance en novembre 2018.

« Le passé vaut en ce qu'il porte de présent et met bas d'avenir. On ne refera pas l'Histoire mais on doit à celle qui se fait d'en être l'acteur. La bile revient aux morts : il n'y a rien à expier mais tout à combattre. A l'égard du passé, écrivit Simone de Beauvoir dans Pour une morale de l’ambiguïté « aucune action n'est plus possible » : cela fut et rien ne peut être fait. Mais l'on peut « intégrer au patrimoine humain », par les mots, qui manquèrent alors, celles et ceux qui franchirent le temps sans tambour ni trompette. »

Claire