jeudi 6 octobre 2016

Watership down... et les époustouflantes éditions Monsieur Toussaint Louverture

Les éditions Monsieur Toussaint Louverture, poursuivant leur remarquable travail de poisson-pilote du monde de l'édition, ont entrepris, avec l'énergie et la force de conviction qui les caractérise, de faire re-découvrir la grande œuvre de Richard Adams, Watership Down, dans la traduction de Pierre Clinquart entièrement revue et corrigée. 

Ce monument de la littérature, vendu à près de 50 millions d'exemplaires et traduit en plus de 25 langues (excusez du peu...) est classé parmi les 25 livres les plus vendus au monde. 
Et pourtant.
Publié en France par les éditions Flammarion en 1976 sous le titre Les garennes de Watership down, il n'a pas connu dans l'hexagone le succès qu'il méritait et n'était plus disponible depuis plusieurs années.

Alors... de quoi s'agit-il ? rien de moins que "L'Enéide avec des lapins" selon l'écrivain S. F. Saïd ! Cette ample épopée relate le périple d'un groupe de lapins de garenne, emmené par le valeureux Hazel et son frère Fyveer, doué de voyance et qui leur a prédit la destruction de leur habitat. Dans leur quête d'un nouveau foyer, ils affronteront mille dangers et se révéleront à eux-même. On pense à L'Odyssée, on pense à Bilbo le Hobbit... On est frappé par la profondeur intemporelle de ce récit, nourri de classiques - chaque chapitre s'ouvre ainsi par une citation, de la tragédie grecque à Shakespeare...
A qui s'adresse ce livre ? L'auteur s'est toujours défendu d'avoir écrit un livre pour enfants, déclarant "c'est un livre, et quiconque veut le lire, peut le lire". Et en effet, s'il ravira les jeunes lecteurs (à partir de 11 ans), les adultes aussi seront emportés par ce récit mythique.

Saluons à cette occasion le travail exceptionnel de l'équipe de cette petite maison d'édition qui publie peu mais sait dénicher les pépites et apporte un soin exquis à tous les aspects du livre : traduction, correction, paratexte, maquette, couverture, format... : toujours un sans faute !
Ces dernières années, ils m'ont notamment offert deux des lectures les plus marquantes de ma vie de libraire et de lectrice, si, si...  

D'abord l'extraordinaire livre de Ken Kesey, Et quelquefois j'ai comme une grande idée... Publié dans les années 1960 mais resté inédit en France, cet ouvrage, par l'auteur de Vol au-dessus d'un nid de coucous constitue une vertigineuse expérience de lecture.
Sa construction circulaire nous plonge dès l'ouverture dans une situation de crise dont on mettra près de 800 pages à mesurer tous les tenants et aboutissants : crise sociale, crise familiale, crise œdipienne, crise conjugale... mais surtout une extraordinaire plongée dans l'âme humaine, au fil de "flux de conscience" des personnages qui alternent, s'entrechoquent. A la fin du roman, nous voilà revenus à la scène d'ouverture, mais quel voyage entre temps !

et puis, plus récemment, La Maison dans laquelle de Mariam Petrosyan, véritable OVNI
littéraire !
Nous voilà cette fois plongé dans "la maison", personnage à part entière de ce roman, institut pour enfants et adolescents handicapés qui ont recréé une mini-société régie par des règles impitoyables mais soudés par des liens d'une profondeur bouleversante.
Vous n'oublierez jamais Putois, Sphinx, l'Aveugle, Sorcière, Lord, et tous les autres...
Claire

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