lundi 27 août 2018

Isidore et les autres

Camille Bordas
éd. Inculte
19.90 €

Drôle de famille que la famille Mazal… Même si l'on est invité dès l'ouverture du roman au plus près de leur intimité, le premier abord est si froid que la lecture tâtonne un peu, prudente, sans que l'on sache bien où l'auteure veut nous emmener. 
Très nombreuse – six enfants tout de même, cette famille n'a pourtant rien des tribus bruyantes, joyeuses et bordéliques qui vous mettent tout de suite à l'aise. Les aînés, tous surdoués, sont occupés à la rédaction de thèses ou à la poursuite de brillantes études, « le père » travaille loin, passe peu de temps avec sa famille et semble pressé de repartir lorsque cela arrive… La seule connivence familiale se fait sur le dos du reste du monde, lors de sessions « condescendance ». Isidore, treize ans, se fait le chroniqueur lunaire de cette routine un peu triste.
Plus jeune enfant de la fratrie, il se considère aussi comme le « moins beau et le moins intelligent » de tous. Pourtant, quand le père meurt, les qualités d'empathie d'Isidore qui manquent tant aux autres membres de la famille seront pour chacun la consolation, l'indispensable liant et l'ouverture vers d'autres possibles.
Et voilà qu'au fil de la lecture on se met à sourire, à s'attendrir, à rire aux éclats par moments. Ça y est, on y est attachés à ces doux-dingues, qui finalement, chacun à sa façon, se débattent avec la difficulté de vivre et de trouver sa place.
N'en doutons pas, Camille Bordas sait très exactement où elle nous emmène, et avec quel talent !

Claire

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